Je souhaite attirer l’ attention du Ministre de l’Enseignement supérieur sur plusieurs difficultés majeures que vivent aujourd’hui les étudiants mauritaniens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
1. Bourses des étudiants à l’étranger
Les bourses destinées aux étudiants mauritaniens à l’extérieur sont suspendues depuis plus de deux ans. Cela pénalise fortement de nombreux jeunes, alors même que d’autres pays comparables (Cameroun, Sénégal, etc.) disposent de plateformes accessibles permettant de déposer des demandes et d’obtenir un soutien financier. Les autres pays de la région n’ont pas nécessairement plus de moyens que la Mauritanie, mais ils ont fait le choix d’accompagner leurs étudiants à l’étranger. Il est donc légitime de s’interroger sur ce qui empêche notre pays d’offrir les mêmes opportunités.
Cette demande de rétablissement des bourses a également été portée par l’Association des Étudiants Mauritaniens à l’Étranger, notamment en France.
2. Dialogue inexistant avec les syndicats étudiants
Les organisations étudiantes déposent régulièrement des demandes d’audience pour discuter de leurs préoccupations, mais ces demandes restent sans réponse. Cette absence de dialogue empêche toute résolution constructive et instaure un climat de tension. Même lorsqu’un accusé de réception est délivré par le secrétariat, aucune suite n’est donnée.
3. Situation critique à l’Université de Nouakchott
Les bus universitaires sont très insuffisants. Les étudiants attendent parfois une à deux heures, et des incidents surviennent régulièrement, y compris des blessures lors de bousculades pour trouver une place. La STP n’arrive pas à gérer efficacement le transport des étudiants, et le nombre de bus reste largement inférieur aux besoins réels. Après chaque réunion, il est annoncé que le nombre a été augmenté, mais sur le terrain rien ne change : ces déclarations ne sont que des effets d’annonce sans impact concret.
Le restaurant universitaire reste fermé jusqu’à présent ils ne l’ont réouvert.
Le campus universitaire est toujours fermé ils ne l’ont pas réouvert.
La plateforme d’inscription connaît de graves dysfonctionnements : beaucoup d’étudiants n’ont toujours pas pu finaliser leur inscription et doivent se déplacer physiquement sans garantie de résolution.
Le niveau d’encadrement pédagogique, notamment en travaux dirigés, est très faible à cause d’une absence profonde des processeurs dans de nombreuses matières.
4. Conditions d’inscription préoccupantes
Il est demandé aux étudiants de signer des engagements les empêchant de participer à des arrêts de cours ou à des activités revendicatives avant même leur inscription. Cette procédure soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des droits étudiants.
5. Intervention policière dans l’enceinte universitaire
L’année dernière, des forces de police sont intervenues à l’intérieur même de l’Université de Nouakchott, entraînant des arrestations et des violences envers des étudiants. Ces événements témoignent de la gravité de la situation et résultent directement de l’absence de dialogue entre le ministère et les étudiants.
6. Expression étudiante limitée
La page officielle du ministère a récemment désactivé ses commentaires, en raison du nombre important de retours défavorables provenant des étudiants et des citoyens. Cette décision montre clairement que le ministre n’écoute pas les étudiants et que ceux-ci ne sont pas satisfaits de sa gestion. La fermeture de cet espace d’expression accentue le fossé entre le ministère et la communauté universitaire.
 La situation que vivent les étudiants mauritaniens est indigne des ambitions du pays et des sacrifices consentis par les familles pour l’éducation de leurs enfants.
 Les problèmes sont concrets, documentés et urgents.
Kane Abdoul Wahab
Le secrétaire Général de L’USLM
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